La consommation aux Puces de Clingnancourt

La consommation aux Puces de Clingnancourt

by Damiana Dendy

Abstract:

Upon walking through the flea markets of Clignancourt in Paris, one can easily observe that these markets attract a plethora of venders as well as consumers. One might also observe the consumption of deception, as in a tool used to the advantage of venders to sell objects of no or little value to consumers that will fall into the trap, and sometimes willingly. For example, two identical maps of the United States, yet one is labeled as the US in 1860 priced at 40 euros, the other labeled as the US in 1891 priced at 30 euros. The map can very well be one of the US in the year 1891, but it is completely incorrect for the year 1860, funny enough that the one that claims to be ‘older’ is the one that defies historical facts. Other objects, such as old doll parts, postcards, or valueless fake leather trinkets, are also sold. Sometimes these are sold for very cheap, but other times at prices well above what they are worth. Sometimes they are labeled as being from a rare toy set or as being from another country. This kind of deception can play into nostalgia as well as ignorance, in which case the consumer willingly consumes in the name of nostalgia by deceiving him or herself into believing that trinkets of the past are a reminder of better times or the consumer accepts ignorance for consumption.

En se baladant dans les Puces de Clignancourt, on peut se perdre dans le labyrinthe des marchés, chacun avec des caractéristiques uniques. J’ai remarqué qu’il y avait beaucoup d’objets à vendre, apparemment sans valeur, ou des objets qui prétendent être quelque chose qu’ils n’étaient pas. Cela représente la consommation de la tromperie. La consommation aux Puces dépend – en partie – de l’ignorance des consommateurs. Un des magasins vend des vieux magazines, journaux, et cartes. Il y avait deux cartes des Étas-Unis, l’une de 1860 et l’autre de 1891. Mais les deux étaient pareilles. Le pire, c’était que les cartes n’étaient pas correctes. Les deux cartes avaient la plupart des états de l’Ouest, mais en 1860, l’Ouest n’était que des territoires, pas des états modernes. De plus, la carte de ‘1860’ avait l’état de Virginie de l’Ouest qui n’existait pas encore. La carte était correcte pour l’année 1891, mais pas pour l’année 1860.

Pourtant, peut-être encore pire, c’était que les deux cartes avaient des prix différents, 30 et 40 euros, pour des cartes qui n’étaient pas du tout anciennes, ni ‘rétro’. Le vendeur y avait collé des étiquettes qui reflètent l’étendue de son ignorance, et supposent celle des consommateurs. Il est certain que les gens, non spécialistes, qui ne savent rien sur l’histoire ou la géographie des Etats-Unis achètent une telle carte sans suspicion. Mais, quelquefois, les gens aiment la consommation dans tous les cas. D’autres choses vendues aux puces n’avaient pas de valeur et n’avaient pas besoin de tromperie par le vendeur, comme des lettres anciennes, des “pierres rares qui viennent d’Afrique” ou des trucs des années 70 pour les enfants et des jeux de société. Ces choses étaient vendues pour un ou deux euros la pièce.

Mais à quoi servent ces choses? Peut-être est-ce que les gens veulent acheter de la nostalgie. Les gens aiment avoir des symboles ou des marques du passé quand ils trouvent le présent insuffisant. Mais pour les petits trucs tels les jeux de société, on peut acheter ces objets sans rien savoir sur le jeu, ni comment était la vie quand le jeu était populaire, ou si le jeu était un jeu commun. On peut acheter une carte sans connaître l’histoire. On peut effectivement créer une histoire dans son esprit, basée sur les désirs de la personne. De même, quand on consomme un film qui repose sur les stéréotypes d’une ville/d’un pays, on consomme de la tromperie et quelquefois la nostalgie d’une chose réelle qui est recréée pour être consommée.

La visite de la Cité du cinéma et des studios de cinéma étaient un autre exemple de la consommation de la tromperie. La Cité a mis en place un spectacle pour se vendre et vendre les films de Besson et les films tournés dans ces studios, pour la télévision et le cinéma franco-français. Nous avons vu des voitures et des endroits qui apparaissent dans les films de Besson ou des films commerciaux avec beaucoup de trucages, la construction du bâtiment, et un grand studio vide. La visite guidée ne dévoile rien sur les films, ni comment ils ont vraiment été créés. De plus, cette visite est chère, mais elle n’avait pas grande valeur.

Vendre ou créer un grand spectacle avec des objets rétro à vendre n’est pas difficile, parce que les consommateurs sont prêts à être trompés quand ils veulent vraiment acheter. La nostalgie est une vue de l’avenir en considérant le passé comme modèle. Si on est inspiré par le passé, comme les années 20 ou 30 qui représentent la naissance du modernisme connu aujourd’hui, un objet qui ressemble un peu au passé peut facilement satisfaire. Comme dans les films qui reposent sur la nostalgie pour amuser le public, les années qui représentent le commencement de l’âge moderne, avant la Seconde Guerre Mondiale, sont beaucoup vendues aux consommateurs.

En outre, ce type de consommation est une sorte de rejection des grandes marques ou de la mode des élites. Plusieurs trucs vendus aux puces représentent les gens ordinaires qui racontent des histoires communes. C’est un thème présent dans le film Amélie Poulain qui représente les personnes ordinaires, et leurs petites histoires, ou la classe ouvrière.

Bien sûr, il y a des choses qui sont chères aux puces qui ont beaucoup de valeur. Des marchés comme le Marché Dauphine ou le Marché Malassis vendent des œuvres d’art, des livres et CD rares. Les arts exposés sont vraiment uniques avec une qualité incontestable. On peut toujours marchander sur ce qui est vendu aux puces, mais cela ne veut pas dire que la qualité est baissée. Le Marché Venaison, où j’ ai vu les cartes incorrectes, est connu pour ses antiquités. Il est peut-être plus facile d’ altérer les prix avec un peu d’astuce des choses antiques, que de dire avec certitude leur valeur. Pourtant dans ce marché, il y avait des peintures magnifiques, des cartes postales anciennes, des cadres beaux pour des photos ou peintures, des bijoux et plus qui étaient clairement originaux et des objets de valeur. Tous ces marchés et objets montrent que les Puces de Clignancourt attirent un public très divers, les Parisiens et les touristes de classes socio-économiques différentes. Du prix d’un euro pour le bras d’une poupée ancienne à 10 000 euros pour une sculpture moderne, les vendeurs doivent attirer et embobiner des consommateurs vraiment divers et variés. La consommation n’est certes pas limitée à la tromperie. Mais la tromperie est un outil dont beaucoup de vendeurs peuvent profiter facilement.