Le graffiti et ses significations à travers les divers quartiers de Paris

Le graffiti et ses significations à travers les divers quartiers de Paris

by Zack Nimmo

Abstract:

Graffiti is a universal art form, as it is easy to produce and can be found almost anywhere. Paris is no exception, where graffiti in the form of etchings, spray-painted or handwritten messages, and large murals exists throughout the city. Throughout the culturally and socioeconomically diverse neighborhoods of Paris, it is evident that the role of graffiti differs. Here, we observe graffiti in two types of neighborhoods—those belonging to upper class residents in tourist-heavy areas and those of the modest middle class or working class citizens.

In the upper class and tourist-heavy neighborhoods, graffiti generally exists as small spray-painted or hand-written words. However, residents of these areas view graffiti in a negative light and do not fully accept it as a legitimate form of art. There was an apparent absence of large street murals, and in many instances, graffiti had been painted over or washed away. Additionally, an advertisement for an art exposition which read “is everything art?” in spray-painted lettering questioned the artistic validity of graffiti. The middle and working class areas provided a stark contrast. In these areas, there was no evidence of an effort to erase graffiti, and over fifty graffiti markings could be found on a single street. In the immigrant-heavy and working class neighborhood Goutte d’Or, a poster advertising an exposition on the history of graffiti in Paris sharply contrasted the advertisement seen in the rich neighborhood. In addition, we observed many instances of people writing messages pertaining to social and community issues, politics, or race. These comments, which occurred most often in plain handwriting, were mostly observed in the metro stations or on posters in middle and working class areas. Thus, we learned that citizens of these neighborhoods use graffiti to express their social and political opinions.

In analyzing the street art of these places, we conclude that in the upper class areas, the presence of graffiti is limited and considered an intrusion in a place where legitimate art is generally defined by artists from the 18th, 19th, and 20th centuries; it seems that these neighborhoods wish to preserve Paris as an untouched city displaying historical monuments and famous works of art. In the modest neighborhoods, however, graffiti acts not only as a form of art, but also as a means of allowing citizens to voice their opinions relating to social, political, and community issues. For this reason, graffiti possesses a lot of power and will continue to hold a place in the lives of the middle and working class.

Le graffiti est un genre d’art universel comme il est facile à produire et peut exister n’importe où. Paris n’est pas une exception et en fait, les murs, les rues, et les bâtiments de la ville sont pleins d’œuvres artistiques de toutes sortes de graffiti.

Qu’est-ce qu’un graffiti ? Il se compose de toutes les inscriptions, messages, et dessins de manière sauvage et non autorisée dans des espaces publics, dont j’ai remarqué quatre sortes à Paris: les gravure à l’eau-forte, les mots écrits à la main, les mots écrits à la bombe, et les grandes fresques murales. Mes balades à travers divers quartiers m’ont permis de constater que tout le monde ne regarde pas le graffiti de façon identique. L’on constate ainsi différentes réactions au graffiti selon les classes sociales dominantes dans les quartiers parisiens. Dans les quartiers bourgeois, riches et touristiques, le graffiti existe à peine; par contre, dans les quartiers ouvriers et de la petit bourgeoisie, les habitants emploient le graffiti comme un art et un moyen de partager leurs opinions sur des sujets actuels de société et de la communauté.

Malgré la richesse associée avec les quartiers bourgeois et touristiques à Paris, la plupart des graffiti se présente dans la forme de mots écrits à la bombe ou à la main. Cependant, il provoque des attitudes négatives. Dans plusieurs cas, l’enlèvement du graffiti est visible. Sur le mur d’une école dans le 16ème arrondissement—un quartier bourgeois à l’ouest de la ville—quelqu’un avait peint clairement un carré pour cacher quelques mots de graffiti. Près de la rue Victor Hugo où se situent plusieurs ambassades et des appartements de la haute bourgeoisie, j’ai noté des restes d’un graffiti que l’on avait effacés par lavage. De plus, il est évident que ces quartiers n’acceptent pas complètement le graffiti comme un genre d’art valide. Une affiche trouvée sur le Quai d’Orsay près du Grand Palais montrait des mots «tout est art ?» dans le style du graffiti à la bombe ; c’est-à-dire que certains questionnent encore si le graffiti constitue de l’art réel dans un quartier où l’on croit que l’art signifiant vient seulement des siècles précédant le 20ème siècle. D’après ces quartiers, le graffiti est considéré comme un intrus et l’esthétique est définie selon les codes d’avant le 20e siècle; ces quartiers veulent préserver Paris comme une ville-musée admirée pour ses sites historiques. L’absence des grandes fresques murales dans les quartiers riches et touristiques démontre en plus cette croyance.

D’un autre côté, dans les quartiers où habitent les ouvriers et les petits bourgeois, le graffiti joue un rôle contraire. On ne fait presque aucun effort à enlever le graffiti dans ces quartiers ; plus de cinquante exemples du graffiti des quatre sortes citées peuvent se trouver dans une seule rue. Dans le quartier de Belleville où habite un mélange de personnes diverses de la petite bourgeoisie, notre guide nous a informé qu’il y a plusieurs années, la mairie avait demandé à la police de moins strictement interdire le graffiti dans les rues. Clairement, dans les quartiers modestes on envisage le graffiti comme un art légitime. Par exemple, à la mairie de Belleville, quelqu’un a engagé des artistes pour peindre des fresques murales d’animaux exotiques sous les fenêtres d’une école. Dans la Goutte d’Or, un quartier composé de Musulmans, Africains du nord et d’Afrique de l”Ouest, une affiche à l’extérieur d’un atelier indiquait un évènement qui fêtait l’histoire du graffiti à Paris, contrastant ainsi sévèrement l’affiche vue près du Grand Palais. Plusieurs grandes fresques murales dans le quartier chinois et la Goutte d’Or confirment le soutien au graffiti comme un bel art valide.

Un aspect du graffiti peut-être le plus remarquable dans les quartiers ouvriers et de la petite bourgeoisie, c’est son usage comme une commentaire sur la politique et sur les sujets de la société et la communauté. Ce phénomène, qui ne se voit nulle part dans des quartiers de la haute bourgeoisie, s’expose généralement par des mots écrits à la main et avec un marker. Cette sorte de graffiti simple n’est pas vu comme de l’art, mais plutôt comme un moyen de distribuer un message important au monde. Il se trouve souvent dans les stations de métro, un espace fréquenté par des personnes de la classe ouvrière, de la petite bourgeoisie et de la moyenne bourgeoisie. Par exemple, dans le métro, le graffiti sur une publicité du yaourt montrant une chèvre condamne la consommation de viande et l’exploitation des animaux et soutient le végétalisme. Un commentaire sur le gouvernement se trouve sur une publicité pour le resto Subway, dans lequel «La Salade Teriyaki» se transforme en «La Salade Politique» qui décrit une France idéale et une aversion contre les grosses affaires. A La Villette à l’est de Paris, sur le mur d’un café, un raciste propose que «La France n’est plus la France, c’est un pays de nègres». Tous ces messages, soit activistes et politiques, soit racistes nous indiquent que pour les gens dans certains quartiers, le graffiti à la main permet de faire entendre leurs voix. Bien que les hauts bourgeois aient bien sûr leurs propres opinions aussi, leur moyen de crier ou contester n’implique pas le graffiti.

Tous ces exemples révèlent un gros contraste entre l’usage du graffiti à travers les quartiers de Paris, et donc il est incontestable que dans les quartiers riches, le graffiti contient une signification limitée, tandis que dans les quartiers modestes, l’on apprécie le graffiti comme de l’art et comme une forme de commentaire social. En analysant le graffiti parisien, spécialement celui d’une nature polémique, on peut définir non seulement qui—c’est-à-dire quelle classe sociale—veut exhiber ses opinions, mais aussi ce qu’elle propose. C’est pour cela que le graffiti possède beaucoup de pouvoir dans la vie urbaine et continuera à avoir une grande présence partout.

 

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Le panneau “tout est art?” près du Grand Palais

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L’affiche montrant l’expo sur l’histoire de graffiti dans la Goutte d’Or

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L’enlèvement du graffiti d’un mur dans le 16ème arrondissement

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“La Salade Politique” dans le métro

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La publicité qui condamne la consommation de produits animaux dans le métro